Benicio Del Toro - "Wolfman"

Benicio Del Toro - "Wolfman"

© Paramount Pictures France
De Joe Johnston (Etatsts-unis) avec : Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving - 1h39

Dans les années 30-40, en Grande-Bretagne, Laurence Talbot revient dans le manoir familial de Blackmoore, après plusieurs décennies d’absence et la disparition énigmatique de son frère. Il y retrouve Gwen, la fiancée de ce dernier, ainsi que son père.

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Elle lui demande de retrouver son frère, alors que les villageois affirment qu’une créature brutale et assoiffée de sang décime la population. Faisant face à un inspecteur de Scotland Yard sceptique, Laurence découvre qu’une malédiction pèse sur sa famille, transformant sa lignée en loup-garou. Alors qu’il traque la bête, il tombe à son tour sous les crocs du monstre...

La critique

Anthony Hopkins - "Wolfman"  © Paramount Pictures France Wolfman est le remake d’un classique de l’épouvante datant de 1941, Le Loup-garou de George Waggner, avec Lon Chaney Junior dans le rôle titre et Claude Rains. Le film est cette fois signé Joe Johnston (Chérie j’ai rétréci les gosses, Jumanji, Jurassic Park 3,...) avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins. Louable entreprise après un revival des lycanthropes à l’écran dans les années 80 (Hurlements, Le loup-garou de Londres, La Compagnie des loups), qui les avaient déserté, ou quasiment (Van Helsing) depuis.

Pas facile de remettre au goût des années 2000 un scénario, signé Curt Siodmak, qui a fondé les arcanes du film de loup-garou, dernier grand monstre de l’Âge d’or du cinéma fantastique américain des années 30-40. D’autant que le mythe avait été sérieusement ripoliné avec réussite dans Hurlements, Le Loup-garou de Londres et La Compagniedes loups. Joe Johnston s’y attelle, avec ses qualités de bon faiseur hollywoodien, et un beau casting, la participation du génial Rick Baker aux maquillages spéciaux et Danny Elfman à la musique renforçant le trait.

C’est Benicio del Toro, fan du film de 1941, qui serait à l’origine du projet, nous dit-on. Mais ce qui marche sur le papier a rencontré de grand difficultés dans la production, notamment au montage, nous dit-on également. Effectivement, le déroulement du film est un peu bancale. Comme cette énigme : si la morsure du loup-garou entraîne la présence d’un nouveau spécimen (comme les vampires), comment se fait-il qu’après le massacre de la très belle scène du camp de gitans, toute la région ne soit pas infestée de lycanthropes ? Mais c’est un détail.

D’autres belles scènes parcourent le film, comme la présence du loup-garou à Londres, avec ces nuits de pleine lune anthracites, qui ne sont pas sans rappeler celles du récentSherlock Holmes. A quand Sherlock Holmes contre le loup-garou ? Benicio del Toro s’est fait une tête, quand il est encore à visage humain, à la Dr. Hyde joué par Fredric March dans la version 1932 de Docteur Jekyll et Mister Hyde de Rouben Mamoulian. Hommage volontaire ou involontaire ? Du moins ce choix serait cohérent. Benicio del Toro est toutefois un peu ridicule avec son corps de loup engoncé dans un pantalon et en chemise. Ce qu’avait évité les films des années 80.

Mais il vrai que le loup-garou de 1941 avait le même aspect et que son faciès concocté par Rick Baker est magnifique. Wolfman n’en reste pas moins mineur, même s’il possède de beaux atouts, tout en références aux films des années 30-40 (les battues des paysans dans la forêt) et de beaux acteurs. S’il n’est pas hurler de plaisir, Wolfman joue la carte d’un engouement désuet, nanti d’une très belle photographie et conception artistique qui a malheureusement visiblement souffert d’une production difficile, ce que l’on appel dans le jargon, development hell. L’enfer pour un loup-garou.


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