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Ayant débuté petit par des clips d’animation d’une minute en 2000 pour la télévision, puis le Web, Lascars se retrouve sur grand écran et en long métrage. Dessin animé pour adolescents et adultes, Lascars relève d’un genre peu usité, tant en France que partout dans le monde. Original et d’une belle facture, il bénéficie également d’un beau casting de voix : Vincent Cassel, Diane Kruger, Omar et Fred, Gilles Lellouche, et Diam’s.
C’est sans doute l’Américain Ralph Bakshi qui impulsa dans les années 70 la réalisation de films d’animation à destination d’un public adulte, avec Frtiz the Cat, Les Sorciers de la guerre, Heavy Trafic, American Pop... Si le cinéaste est un filou, il faut rendre à César ce qui revient à César, même si, lui, s’est bien gardé de le faire en pillant à droite à gauche sans jamais reverser des droits à Robert Crumb (le créateur de Fritz) ou à Vaugh Bodé (Cobalt 14) dont le graphisme se retrouve dans Les Sorciers. M’enfin, c’est une autre histoire.
Lascars ne relève pas de tels détournements, mais se réclame de l’école de Bakshi dans ce qu’elle a de positif : offrir une vision satyrique de la société urbaine avec un graphisme en phase. De ce point de vue, Lascars est une indéniable réussite, tant dans ses décors (splendides), que ses textures, et les caricatures qui donnent toute leur épaisseur aux personnages, servis par un vocabulaire fleuri qui pastiche la langue des cités.
Lascars touche juste également dans la teneur et l’évolution de son scénario, bien construit et minuté, avec des rebondissements incessants qui déboucheront sur un chaos annoncé. Il évite ainsi l’écueil d’une suite de sketches dont la série originelle aurait pu accoucher. Pourtant, malgré tous ces atouts, il faut bien que le bât blesse quelque part. C’est dans son impact humoristique que le film pèche le plus, alors qu’il est fait pour rire. Mais l’humour est affaire de chacun, ce qui marche pour l’un, ne fonctionne pas pour l’autre. J’avoue pour ma part, avoir peu ri aux Lascars et que la salle réagissait peu. Ce que d’autres m’ont démenti lorsqu’il l’on vu.
Indéniable réussite artistique et prometteuse pour l’avenir d’un cinéma d’animation adulte en France, Lascars manque toutefois d’un humour fédérateur.
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