Pascale Thirode et ses filles dans "Acqua in Bocca"

Pascale Thirode et ses filles dans "Acqua in Bocca"

Hévadis Films
Documentaire de Pascale Thirode (France), avec : Bastien Mariani, Jean Mariani, Suzie Crespin - 1h25

Je suis corse par ma mère bien qu'elle ne m’ait jamais transmis son histoire, ni rien de cette île. Ma mère semble ignorer ses origines depuis longtemps. Il y a quelques années, j’ai retrouvé dans ses affaires un album de photos. Celles-ci ont été méthodiquement enlevées, ne laissant plus exister que des stigmates de colle et quelques légendes.

Les légendes de cet album sont les indices d’un chemin que j’ai parcouru avec mes deux filles âgées de 10 et 13 ans, les maillons les plus jeunes de mon histoire familiale. Une arrivée en bateau, une approche lente de l’île dans la brume marine où se dessine la côte, une tentative de mise au point vers l’inconnu. Accoster à Bastia, ville natale de ma mère et pénétrer la Corse comme une chair, par intrusion. M’approcher d’un homme, son père, mort dans des conditions étranges à Ajaccio, en juillet 1944, près d’un an après la libération de l’île.

La critique

"Acqua in bocca", l'eau dans la bouche, est une expression corse on ne peut plus imagée qui signifie que, dans de telles conditions, il est impossible de parler. Une pépite de langage au pays de l'omerta. Un drame pour la réalisatrice qui montre dans son film combien elle a souffert du silence de sa mère.

 

Embarquant pour l'Île de Beauté avec sa caméra et ses deux filles adolescentes, Pascale Thirode a donc un jour décidé de percer elle-même le secret de la mort de son grand-père maternel. Un commerçant respecté, soudain emprisonné à la fin de la seconde guerre et finalement enterré sans sépulture.

Une blessure reçue en héritage, soignée grâce à une minutieuse enquête et au récit qui en est fait. Un récit qui, malgré des maladresses, évoque un fléau universel et ses ravages, largement au-delà du cadre familial de la réalisatrice.


A l'espace Saint Michel dans le Ve à Paris, le film sera suivi certains soirs de débats.
Mercredi 8 juin le débat sera animé par Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, directeur de recherches de l'Université Paris Ouest de Nanterre


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