"Ne jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais abandonner". Tel est le slogan piqué à Winston Churchill de David Gordon devenu jeune papa adoptif de l'excentrique petit Dennis. Ce jeune orphelin s'est réfugié dans un carton depuis que ses parents l'ont abandonné. Et c'est dans cet espace confiné à l'abris du soleil, qu'il craint plus que tout, que Dennis s'extrait du monde pour trouver refuge dans son imagination.
C'est deux personnages ont un point commun: ils ne sont pas à l'aise dans notre monde et préfèrent s'en écarter. L'un se dit être une "créature" qu'il met en scène dans ses romans, tandis que l'autre est convaincu de venir de la planète rouge. Ces personnages venus d'ailleurs apprennent donc à se connaître pas à pas. Dennis découvre le base-ball et David la patience nécessaire pour être parent. Et c'est ainsi que tout deux se rapprochent petit à petit du monde réel, plus fort qu'eux. L'amour d'un enfant après la perte de sa femme pour David et la dure réalité terre à terre pour Dennis.
Ce film invite les parents à aborder les enfants avec plus de recul et de patience et rappelle que tout enfant est un extra-terrestre fraichement débarqué sur Terre. Et c'est en anthropologues en herbe qu'ils observent et tentent de comprendre le monde comme ils peuvent. Chacun a ses outils, ses mécanismes de défense et ses absurdités. Et si certains ont l'impression qu'un enfant ne tourne pas rond ou qu'il est différent, l'explication est souvent la même: il manque d'amour. Et c'est ce que souhaite éviter ce père lorsqu'il répète à son fils adoptif que "jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais" il ne l'abandonnera.
John Cusack interprète ce rôle de jeune père dévoué avec maturité et sensibilité. Le jeune Bobby Coleman, 11 ans, tient ici son premier rôle majeur au cinéma et surprend par son look à la Andy Wharol, lunettes chevillées sur le nez et belle chevelure blonde, mais aussi par la faiblesse de sa voix et un regard hagard permanent qui retranscrit à tout moment la sensation qu'il vient d'ailleurs.
Ce film est donc vivement conseillé à tous ceux qui pensent que notre monde n'aime pas ceux qui ne rentrent pas dans le moule imposé. C'est en quelque sorte un plaidoyé pour le génie que l'on confond souvent avec la folie.
commentaires