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Signé à quatre mains par Jean-Albert Lièvre et Nicolas Hulot, Le Syndrome du Titanic fait la Une, actualité écologique oblige. Aussi, font-ils depuis au moins une semaine le tour des journaux, des télés et radios pour vendre leur film en forme de sonnette d’alarme sur l’état de la planète. Pari militant plutôt réussi, car ne se limitant pas à une seule problématique, mais en exposant nombre de facteurs, pour s’ouvrir à une politique globale de la planète.
C’est cette approche multidisciplinaire qui participe du meilleur du film, sans se limiter au réchauffement climatique, à la crise énergétique ou démographique, mais en exposant toutes les composantes d’une décadence planétaire, à laquelle participent l’hyper consommation, la gestion des déchets, la virtualité des systèmes de communication, les mouvements de population, ou le déséquilibre nord-sud. L’exposé est convaincant car il met en équation toutes ces parties d’un tout, pour aboutir à un constat : l’épuisement de la planète et l’urgence de dévier de cap si l’on ne veut pas aller dans le mur. D’où le titre du film : comme pour le Titanic, il ne suffit pas de ralentir, mais de changer carrément de direction pour éviter l’iceberg, en ajoutant : avant même que celui-ci ne fonde...
A la différence de Home de Yan Arthus-Bertrand, ou Une question qui dérange d’Al Gore, qui avait lancé le genre (Le Syndrome de Darwin, Nos enfants nous le reprocheront plus tard...), Le syndrome du Titanic expose des données énoncées comme objectives, mais à travers le prisme d’un homme, Nicolas Hulot, et son parcours. Et c’est cette sensibilité qui touche. Celle d’un homme ému par la beauté de la nature et qui la voit « foutre le camp », et à terme l’humanité avec elle.
Aussi Le Syndrome du Titanic est-il un film militant qui se présente comme l’exposé d’une prise de conscience personnelle pour en susciter d’autres. Toutefois, d’aucuns lui reprocheront son esthétisme. L’on est en effet frappé par la beauté des images et la qualité du montage pour exposer un bilan catastrophique de l’état de la planète. Comment peut-on réaliser des images aussi belles, voire esthétisantes sur un bilan aussi consternant ? Réponse : peut-être pour mieux accrocher le spectateur à l’exposé. Et pour contredire ce constat : la planète et la nature humaine ne sont elles pas toujours belles, même dans la souffrance ? Et cette souffrance n’est elle pas fascinante ? Sinon suicidaire ? Les images, sans doute les plus spectaculaires, sont peut-être celles de Lagos (capitale du Nigeria), où l’on voit s’entasser des tonnes d’immondices sous les bretelles d’autoroute, avec ces hommes et femmes qui s’échinent à trier toute cette fange.
Nicolas Hulot, à l’origine du film, peut paraître un peu sentencieux dans ses commentaires. A l’origine d’un pacte écologique avant la présidentielle de 2007, auquel ont souscrit nombre de candidats, et qui entraîna le « Grenelle » de l’environnement, avec toutes les réserves que celui-ci suscite, on ne peut reprocher à cette figure charismatique de l’écologie de poursuivre son combat en direction du public. Ce qu’il a toujours fait comme producteur d’images, à la télévision, depuis des lustres. Son discours à changé d’épaule, comme il le dit dans Le Syndrome du Titanic, pour se faite le chantre non plus de la nature, mais dénonciateur de la « dénature ». Édifiant.
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