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SORTIE : 19 NOVEMBRE 2008

27/11/2008 | 23:24 par Jacky BORNET

Mesrine : L'Ennemi public n°1

- Vincent Cassel est "Mesrine, l'ennemi public N°1" - © La Petite Reine / Roger Arpajou -

Vincent Cassel est "Mesrine, l'ennemi public N°1"

© © La Petite Reine / Roger Arpajou

De Jean-Francois Richet (France), avec : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin - 2h10

Les spectaculaires actions criminelles de Jacques Mesrine que les médias introniseront "Ennemi public n°1" et que toutes les polices de France traqueront sans répit jusqu'à sa mort...

 
La critique

Ludivine Sagnier et Vincent Cassel : "L'Ennemi public N°1" © La Petite Reine / Roger ArpajouJean-François Richet confirme la totale réussite de son biopic sur l’ennemi public N°1 des années 70, Jacques Mesrine, avec le second volet de son diptyque. Retraçant sa cavale en France après son évasion du Canada, via un détour par le Venezuela, chacune de ses étapes est détaillée : ses braquages, ses arrestations, ses séjours en prison, ses évasions, son amitié avec François Besse, le casse du casino de Deauville, l’enlèvement du milliardaire « de la Sarthe », son interview à Paris-Match, l’assassinat du journaliste de Minute, son amour avec Sylvia Jeanjacquot... de quoi remplir un film.

Comme la première partie, L’Instinct de mort, L’Ennemi public N°1 est construit en flash-back à partir de sa mort à la porte de Clignancourt le 2 novembre 1979, où Mesrine fut littéralement fusillé par la brigade « anti-Mesrine » conduite par le commissaire Broussard. Comme précédemment, Richet ne prend pas parti, expose les faits et évoque un personnage haut en couleur, violent, en rébellion, charmeur par son humour, et dangereux. Il ne valait mieux pas se trouver dans le quartier quand il braquait une banque, le « grand Jacques » ayant la gâchette facile.

Un des principaux intérêts de cette seconde partie, est de montrer comment le gangster s’est pris à son propre jeu, en se fantasmant « révolutionnaire », s’identifiant à un Baader, voulant quasiment rejoindre sa lutte anticapitaliste. Le rapprochement avec La Bande à Baader, sorti la semaine dernière, permet de mettre sur le même plan les deux hommes par leur absence d’idéologie et leur seule rébellion comme motif de leurs actes. Intéressant, d’autant que les deux réalisateurs ne se sont pas concertés pour fomenter un tel rapprochement.

Intéressant également de voir comment Mesrine se fait « rembarrer » par son complice François Besse sur ce point, pour lequel il n’est pas crédible, avec, encore une fois, un formidable Vincent Amalric dans le rôle du lieutenant de l’ennemi public N°1. Nous n’en dirons pas autant de Gérard Lanvin qui, sous une perruque hirsute et affublé d’un accent du sud, campe son dernier compagnon d’armes, peu crédible, à la limite de la caricature. Dommage.

Heureusement les qualités sont ailleurs, toujours dans cet usage d’une caméra très dynamique, d’une reconstitution des années 70 crédible et d’une interprétation de Vincent Cassel hors pair. Par contre l’on regrettera que la dernière compagne de Mesrine, Sylvia Jeanjacquot (Ludivine Sagnier), victime de graves blessures lors de la fusillade de la porte de Clignancourt - consultée lors de la préparation du film - ne se soit pas reconnue, comme elle n’a pas reconnu son compagnon, intentant deux procès dont elle fut déboutée. C’est tout le problème de la biographie, qui se prête autant à la subjectivité, qu’à l’obligation de fiction pour la rendre accessible. Vaste sujet...

Il n’en reste pas moins que le Mesrine de Jean-François Richet reste un grand film, tant par son sujet que sa mise en scène qui transpire l’honnêteté, même après le bémol émis ci-dessus. Un deuxième touche la durée, quelque peu plus longue que celle de L’Instinct de mort, L’ennemi public s’avérant moins « péchu », tout en creusant des aspects psychologiques du personnages, pour lesquels Richet semble moins adapté. L’ensemble fait toutefois que ce Mesrine est des plus fréquentables.

 
La critique de la 1re partie "L'Instinct de mort"

Vicent Cassel : "Mesrine, l'instinct de mort" © La Petite Reine / Roger ArpajouAvec Mesrine, Jean-François Richet s’avère un formidable metteur en scène de film de genre sur un sujet réaliste issu de l’actualité criminelle et judiciaire. Jacques Mesrine semble être pour lui un sujet de prédilection, tant il le traite selon les règles... du genre. Celui du film de gangster, tel que l’on en n’avait pas vu depuis longtemps, même si la veine revient sous les caméras françaises depuis quelques mois (Le Dernier des gangs, Sans arme, ni haine, ni violence, Le Deuxième souffle...) Mesrine - l’instinct de mort est une grande réussite.

Au-delà de la mythologie Mesrine, Jean-François Richet démontre son talent de metteur en scène dans toute sa plénitude. Par l’installation de son personnage, son milieu familial, vite cerné mais suffisamment situé, les embrouilles qui s’enchaînent, le rythme de son récit, à bout de souffle, alors que l’on attend le second opus le 19 novembre.

Très bonne idée d’avoir scindé le film en deux temps d’à peu près deux heures, mais moins bonne celle de ne pas les enchaîner l’un après l’autre avec un entracte, comme l’aurait fait un Kubrick. Auquel l’on pense beaucoup tant la mise en scène est au fait du sujet. Cassel est parfait, Cécil de France ne l’est pas moins, Depardieu est a sa place, Roy Dupuis, excellent.

Enfin un film de genre français qui explose. Richet ne se fait pas les dents et il sait qu’on l’attend au tournant. Il réalise un film superbe, auquel sa passion pour les parias et son amour du film de genre ne peut apporter que du grain à moudre. Ce qu’il fait de bout en bout. En commençant par un générique qui rappelle celui de L’Affaire Thomas Crown, avec un découpage de l’écran au split screan, auquel il revient à très bon escient plusieurs fois au cours du film, ou l’usage d’une musique pleine d’ambiance à la Lalo Schifrin (Mission Impossible, Bulitt...) très en place.

On trouve également des subtilités que l’on se demande volontaire ou non, telle la ressemblance de Mesrine avec le jeune Général de Gaule lors de sa période algérienne, qui abat à son retour en France un proxénète arabe, auquel son fasciés deviendra de plus en plus ressemblant, comme pour marquer son revirement, identifié à une faute originelle : l’exécution d’un algérien durant les « événements ». Une ambiguïté troublante, dérangeante, que la suite du film ne fera que confirmer, sinon exploser par la carrure du personnage. L’ambiguïté restera...

Insistons sur l’interprétation de Vincent Cassel, absolument remarquable, mais aussi de tous ceux qui l’entourent, sans lesquels, ce premier opus ne serait pas ce qu’il est : le retour en force du polar dans le cinéma français, avec la monstration d’un savoir faire, sur un sujet qui a marqué le pays et, au-delà, les consciences. Une absolue réussite.

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Video

- Vincent Cassel est Mesrine, dans le le film de Jean-François Richet - © La Petite Reine / Roger Arpajou -

Le second pan de la saga Mesrine par Jean-François Richet, avec Vincent Cassel : film coup de poing (voir)

- Vincent Cassel : "Mesrine, l'ennemi public N°1" de Jean-François Richet - © La Petite Reine / Roger Arpajou -

Entretien avec Vincent Cassel qui interprète Jacques Mesrine, dans les deux films que lui a consacré J-F. Richet (voir)

- Vincent Cassel invité du journal de 20h du 19 octobre 2008. - France 2 -

L'acteur endosse avec bonheur le rôle de l'ennemi public N°1... (voir)

- Vincent Cassel interprête Mesrine. - France 2 -

Vincent Cassel, qui l'incarne, respecte toutes ses facettes... (voir)

   
   

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