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Jean-François Richet confirme la totale réussite de son biopic sur l’ennemi public N°1 des années 70, Jacques Mesrine, avec le second volet de son diptyque. Retraçant sa cavale en France après son évasion du Canada, via un détour par le Venezuela, chacune de ses étapes est détaillée : ses braquages, ses arrestations, ses séjours en prison, ses évasions, son amitié avec François Besse, le casse du casino de Deauville, l’enlèvement du milliardaire « de la Sarthe », son interview à Paris-Match, l’assassinat du journaliste de Minute, son amour avec Sylvia Jeanjacquot... de quoi remplir un film.
Comme la première partie, L’Instinct de mort, L’Ennemi public N°1 est construit en flash-back à partir de sa mort à la porte de Clignancourt le 2 novembre 1979, où Mesrine fut littéralement fusillé par la brigade « anti-Mesrine » conduite par le commissaire Broussard. Comme précédemment, Richet ne prend pas parti, expose les faits et évoque un personnage haut en couleur, violent, en rébellion, charmeur par son humour, et dangereux. Il ne valait mieux pas se trouver dans le quartier quand il braquait une banque, le « grand Jacques » ayant la gâchette facile.
Un des principaux intérêts de cette seconde partie, est de montrer comment le gangster s’est pris à son propre jeu, en se fantasmant « révolutionnaire », s’identifiant à un Baader, voulant quasiment rejoindre sa lutte anticapitaliste. Le rapprochement avec La Bande à Baader, sorti la semaine dernière, permet de mettre sur le même plan les deux hommes par leur absence d’idéologie et leur seule rébellion comme motif de leurs actes. Intéressant, d’autant que les deux réalisateurs ne se sont pas concertés pour fomenter un tel rapprochement.
Intéressant également de voir comment Mesrine se fait « rembarrer » par son complice François Besse sur ce point, pour lequel il n’est pas crédible, avec, encore une fois, un formidable Vincent Amalric dans le rôle du lieutenant de l’ennemi public N°1. Nous n’en dirons pas autant de Gérard Lanvin qui, sous une perruque hirsute et affublé d’un accent du sud, campe son dernier compagnon d’armes, peu crédible, à la limite de la caricature. Dommage.
Heureusement les qualités sont ailleurs, toujours dans cet usage d’une caméra très dynamique, d’une reconstitution des années 70 crédible et d’une interprétation de Vincent Cassel hors pair. Par contre l’on regrettera que la dernière compagne de Mesrine, Sylvia Jeanjacquot (Ludivine Sagnier), victime de graves blessures lors de la fusillade de la porte de Clignancourt - consultée lors de la préparation du film - ne se soit pas reconnue, comme elle n’a pas reconnu son compagnon, intentant deux procès dont elle fut déboutée. C’est tout le problème de la biographie, qui se prête autant à la subjectivité, qu’à l’obligation de fiction pour la rendre accessible. Vaste sujet...
Il n’en reste pas moins que le Mesrine de Jean-François Richet reste un grand film, tant par son sujet que sa mise en scène qui transpire l’honnêteté, même après le bémol émis ci-dessus. Un deuxième touche la durée, quelque peu plus longue que celle de L’Instinct de mort, L’ennemi public s’avérant moins « péchu », tout en creusant des aspects psychologiques du personnages, pour lesquels Richet semble moins adapté. L’ensemble fait toutefois que ce Mesrine est des plus fréquentables.
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