Détail de l'affiche du film "A 5 heures de Paris"
Le réseau de salles d'art et d'essai Utopia a décidé de renoncer à projeter la romance israélienne "A cinq heures de Paris", invoquant des raisons morales après le raid meurtrier contre la flottille de Gaza
"En voulant dénoncer la politique d'un pays, Utopia se contente de faire un raccourci des plus regrettables et des plus dangereux", selon l'ARP.
"Une atteinte à la liberté de création"
L'organisation "Auteurs, réalisateurs, producteurs" (ARP) affirme ainsi que "boycotter un film pour des raisons géopolitiques revient à le censurer, à contraindre la liberté d'expression et de création du réalisateur. Pourtant celui-ci participe le plus souvent à la critique des régimes autoritaires".
Signant un texte commun, sept autres organisations professionnelles réunissant producteurs, distributeurs, éditeurs de films mais aussi auteurs, réalisateurs et scénaristes demandent à Utopia de "revenir sur son boycott et de maintenir la diffusion du film".
"La nationalité d'un réalisateur ne peut influencer la programmation d'un film, les auteurs ne sont aucunement liés aux comportements des Etats dont ils sont ressortissants. Sinon qu'adviendra-t-il de la prochaine Palme d'Or, ou des prochains films de Lou Ye ?", s'interrogent les signataires.
"Cet acte est une atteinte à la liberté de création, alors que le cinéma demeure un art porteur de valeurs universelles et que de nombreux cinéastes du monde entier se battent pour la liberté, sous toutes ses formes, souvent en en payant le prix fort", estiment-ils.
"Est-il besoin de rappeler que les réalisateurs israéliens sont souvent les plus critiques face à la politique menée par l'Etat hébreu", poursuivent ces organisations, citant Valse avec Bachir d'Ari Folman ou Z 32 d'Avi Mograbi.
"Il n'est pas possible de provoquer des débats constructifs au détriment des films, cela revient symboliquement, à une forme de prise d'otage de la culture", concluent-elles.
Les signataires du texte commun sont l'APC (producteurs), le DIRE (distributeurs), le SNAC (auteurs et compositeurs), le SPI (producteurs), la SRF (réalisateurs), l'UNEVI (édition numérique et vidéo) et l'UGS (scénaristes).



