Pierce Brosnan et Ewan McGregor : "The Ghost Writer"
© Pathé DistributionLe festival était arrivé à mi-course mardi, avec la projection de la moitié des vingt longs métrages en lice pour l'Ours d'or. Le trophée sera decerné le 20 février par le jury présidé par Werner Herzog.
Projeté en absence de son réalisateur assigné en résidence en Suisse, The Ghost-Writer a remporté les suffrages des critiques.
Ainsi, le film, qui narre l'histoire d'un "nègre" littéraire qui découvre le sulfureux passé de son patron, un ex-Premier ministre inspiré par Tony Blair, était le préféré des
critiques allemands interrogés par le quotidien berlinois Der Tagesspiegel.
Il figurait aussi en tête des avis des critiques du monde entier compilées par le magazine professionnel Screen.
Le quotidien britannique The Times salue "Un thriller immensément agréable avec ce qu'il faut de rebondissements" signé par un "sacré réalisateur". Le film a été accueilli avec "enthousiasme par les critiques et le public", souligne l'italien La Repubblica.
Seul Derek Elley, critique au magazine américain Variety, égratigne un film trop "littéral" où Polanski "se contente de porter la prose banale de Robert Harris directement à l'écran". Il regrette aussi la "faiblesse" du jeu d'Ewan McGregor et le "manque de crédibilité" de Pierce Brosnan en Premier ministre.
Une absence mal vécue
The Ghost-Writer devait à l'origine ouvrir le festival, mais les organisateurs ont reculé, car Polanski attend en Suisse une éventuelle extradition vers les Etats-Unis. "Cela aurait pu être interprété comme une prise de position sur un sujet dont nous ne voulions pas nous mêler", a expliqué le directeur du festival Dieter Kosslick.
"Ne pas avoir Roman avec nous, au centre de cette tribune est très étrange pour nous", a déclaré à la presse Robert Benmussa, l'un des producteurs du film
"C'est un réalisateur intense, qui a eu une vie intense et je suis très fier d'avoir travaillé avec lui", a commenté Pierce Brosnan. "J'ai été très choqué, très attristé par son arrestation", a déclaré l'acteur irlandais, "je me suis demandé pourquoi maintenant, après
tant de temps, j'ai pensé à sa femme et à ses enfants".
"Je me suis davantage remis en question en travaillant avec lui qu'avec aucun autre réalisateur", a affirmé de son côté l'Ecossais Ewan McGregor.
Film miroir
La situation décrite dans The Ghost-Writer n'est pas sans rappeler celle subit par Roman Polanski, son ex-premier ministre britannique, Adam Lang, étant obligé de rester aux Etats-Unis pour échapper à la justice de son pays, une expérience qui renvoie à celle du cinéaste, resté plus de 30 ans sans fouler le sol américain après avoir fui le procès qui le rattrape aujourd'hui.
D'où un étrange effet de miroir, notamment lorsque Lang s'efforce de composer une mine de circonstances, ni hautaine ni abattue, pour tenter de contenir la curée médiatique.


