Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Ours d'argent à Berlin en 2006 pour Hors-jeu (Offside)

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Ours d'argent à Berlin en 2006 pour Hors-jeu (Offside)

AFP / Johannes Eisele
14 des 17 personnes arrêtées lundi chez Jafar Panahi ont été libérées; le réalisateur et 2 amis restaient détenus jeudi

Son arrestation à Téhéran, annoncée mardi par son fils sur le site d'opposition Rahesabz, avait été confirmée par le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi.

Jafar Panahi, ancien assistant d'Abbas Kiarostami, est un des cinéastes iraniens les plus connus à l'étranger. Il a reçu de nombreux prix dans les festivals internationaux.


Panah Panahi, le fils du réalisateur, avait affirmé que son père Jafar Panahi, qui soutient ouvertement l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, a été emmené avec sa femme, sa fille et ses invités vers une destination inconnue par des hommes en civil qui ont fait irruption dans sa maison lundi soir. Des inconnus ont perquisitionné la maison du cinéaste où ils ont saisi des ordinateurs et des affaires personnelles, a-t-il ajouté.

Le cinéaste a été arrêté parce qu'il préparait un film sur les manifestations de juin dernier, une initiative jugée "hostile au régime", selon deux sites internet, le site d'opposition Rehesabz.net et le site d'information conservateur Tabnak. Son fils a démenti ces informations. Il a affirmé que les arrestations avaient eu lieu "alors que l'équipe tournait un film avec autorisation", et que son père n'avait pas fait de film sur les récents événements.

"Jafar Panahi n'a pas été arrêté parce que c'est un artiste ou pour des raisons politiques. Il a commis un délit et a été arrêté sur ordre du juge en compagnie d'une autre personne. L'enquête se poursuit", a déclaré le procureur à l'agence iranienne Isna.

Le cinéaste avait déjà été arrêté et brièvement détenu l'été dernier avec sa famille après avoir assisté à une cérémonie à la mémoire de Neda Agha Soltan, une jeune femme tuée lors des manifestations de juin 2009 contre la réélection du président Ahmadinejad. Jafar Panahi n'a plus le droit de quitter l'Iran depuis qu'il a publiquement déclaré son soutien à l'opposition lors du festival du film de Montréal l'été dernier: il avait alors arboré la couleur verte, un des signes de ralliement des opposants.

Jafar Panahi, 49 ans, fait partie de la "nouvelle vague" iranienne. Il a reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2000, pour Le Cercle, l'Ours d'argent à Berlin en 2006 pour Hors-jeu (Offside). Il a aussi été primé deux fois à Cannes, avec Le Ballon blanc, qui a reçu le Prix de la Caméra d'or en 1995, et L'Or pourpre, prix du Jury-Un certain regard en 2000. La plupart de ses films ont été censurés en Iran.

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