L'Asie est à l'honneur de cette 60e édition qui présentera également en avant-première mondiale les derniers films de Roman Polanski et de Martin Scorsese.
Les stars hollywoodiennes vont se frotter aux pointures asiatiques pour cette édition anniversaire de
Son film relate les douloureuses retrouvailles d'amants âgés ayant vécu l'un en Chine communiste l'autre à Taïwan, un film qui résonne singulièrement dans la ville du Mur. Dans une capitale allemande enneigée et verglacée, le cinéaste chinois Wang Quan'an brigue à nouveau, à 44 ans, l'Ours d'or revenu en 2007 à son "Mariage de Tuya", une ode à la vie pastorale des populations mongoles.
Entouré de ses deux comédiennes, Lisa Lu, 78 ans, qui tourna dans "Le dernier empereur" de Bernardo Bertolucci, et la ravissante jeune Monica Mo, il a lancé cette Berlinale au côté du directeur artistique Dieter Kosslick et du président du jury, le cinéaste allemand Werner Herzog.
Werner Herzog président
Le réalisateur allemand Werner Herzog préside un jury de sept membres - dont l'actrice américaine Renée Zellweger - qui décernera le 20 janvier les Ours d'or et d'argent
Le maître japonais Yoji Yamada, qui a réalisé plus de 80 films au cours des quatre dernières décennies, clôturera le festival avec Otouto (About Her Brother), présenté hors compétition.
Le vétéran du cinéma chinois Zhang Yimou (Hero) présentera son film A Woman, A Gun and A Noodle Shop, tandis que le réalisateur japonais Koji Wakamatsu dévoilera Caterpillar. Et on attend à Berlin la star masculine de Bollywood Shah Rukh Khan, à l'affiche dans My Name is Khan.
Shutter Island, le thriller de Martin Scorsese avec en vedette Leonardo DiCaprio, sera projeté en première mondiale, mais hors compétition.
Tous les regards seront braqués sur le film de Roman Polanski, The Ghost Writer, achevé après l'assignation à résidence du réalisateur dans son chalet en Suisse dans l'attente d'une éventuelle extradition vers les Etats-Unis, pour une affaire de mœurs remontant à plus de trente ans. Le film, tiré du best-seller L'homme de l'ombre, met en scène Ewan McGregor découvrant un complot alors qu'il rédige les mémoires d'un ancien Premier ministre britannique, inspiré de Tony Blair et incarné par Pierce Brosnan. Le cinéaste sera absent mais ses vedettes sont attendues sur le tapis rouge de la Berlinale.
Le réalisateur allemand Oskar Roehler a d'ores et déjà fait parler de lui avec son film Jud Süss (Le juif Süss), qui revient sur le tournage en 1940 du film de propagande nazie éponyme. Il illustre "le conflit moral que peuvent vivre des artistes, en l'occurrence des acteurs", selon le directeur du festival Dieter Kosslick.
Côté français, Gérard Depardieu est attendu dans la capitale allemande pour la représentation en première mondiale de Mammuth, un film de Benoît Delépine et Gustave Kervern dans lequel il joue aux côtés de Yolande Moreau et Isabelle Adjani.
Quant à l'artiste graffitiste britannique Bansky, qui garde son identité secrète, il devrait faire une apparition discrète pour la présentation d'un documentaire sur son œuvre, Exit Through the Gift Shop.
Egalement très attendue est la projection d'une version longue restaurée de Metropolis, le chef-d’œuvre muet de Fritz Lang de 1927, qui comprend quelque 25 minutes de pellicule supplémentaires retrouvées en 2008.
La sélection officielle
Vingt six films sont en compétition :
Tuan Yuan (Apart Together), de Wang Quan'an, Chine (film d'ouverture).
Bal (Miel), de Semih Kaplanoglu, Turquie/Allemagne.
Caterpillar, de Koji Wakamatsu, Japon.
En Familie (Une Famille), de Pernille Fischer Christensen, Danemark.
En ganske snill mann (A Somewhat Gentle Man), de Hans Petter Moland,
Norvège.
Eu cand vreau sa fluier, fluier (Si je veux siffler, je siffle), de Florin
Serban, Roumanie/Suède.
The Ghost Writer, de Roman Polanski, France/Allemagne/Royaume-Uni.
Greenberg, de Noah Baumbach, Etats-Unis.
Howl, de Rob Epstein, Etats-Unis.
Jud Süss - Film ohne Gewissen (Jew Suss - Rise and Fall), d'Oskar Roehler,
Autriche/Allemagne.
Kak ya provel etim letom (How I Ended This Summer), d'Alexei Popogrebsky,
Russie.
The Killer Inside Me, de Michael Winterbottom, Royaume-Uni.
Mammuth, de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, France.
Na Putu (On the Path), de Jasmila Zbanic,
Bosnie/Autriche/Allemagne/Croatie.
Der Räuber (Le Braqueur), de Benjamin Heisenberg, Autriche/Allemagne.
Rompecabezas (Puzzle), de Natalia Smirnoff, Argentine/France.
San qiang pai an jing qi (A Woman, A Gun And A Noodle Shop), de Zhang
Yimou, Chine.
Shahada (Faith), de Burhan Qurbani, Allemagne.
Shekarchi (The Hunter), de Rafi Pitts, Allemagne/Iran.
Submarino, de Thomas Vinterberg, Danemark.
Hors competition :
Exit Through The Gift Shop, de Banksy, Royaume-Uni.
The Kids Are All Right, de Lisa Cholodenko, Etats-Unis/France.
My Name is Khan, de Karan Johar, Inde.
Otouto (About Her Brother), de Yoji Yamada, Japon (film de clôture).
Please Give, de Nicole Holofcener, Etats-Unis.
Shutter Island, de Martin Scorsese, Etats-Unis.
Une petite histoire de la Berlinale
Crée il y a 60 ans dans un contexte de Guerre froide, le Festival international du film de Berlin a été un instrument de propagande des Alliés avant de s'affirmer comme un terrain d'affrontements politiques fréquents, dépassant les frontières du cinéma.
Créé il y a 60 ans dans un contexte de Guerre froide, le Festival international du film de Berlin a été un instrument de propagande des Alliés avant de s'affirmer comme un terrain d'affrontements politiques fréquents, dépassant les frontières du cinéma.
Au moment de sa création, Berlin était encore en ruines "mais restait un puissant symbole pour l'Occident", souligne l'actuel directeur du festival, Dieter Kosslick.
Un festival international de cinéma offrait aux Américains un moyen d'endoctriner les Allemands - sortis seulement depuis quelques années du nazisme et de sa puissante machine à propagande - et créer une "vitrine du monde libre".
Le premier film inaugural de
rang des festivals internationaux comme Cannes ou Venise.
"Ce n'est qu'en 1958 qu'un jury accorda la plus haute distinction à un film européen - destiné à devenir un grand classique -, Les Fraises sauvages d'Ingmar Bergman", observe Peter Cowie dans son livre The Berlinale - The Festival, qui vient de sortir.
Les tentatives des organisateurs allemands pour revendiquer leur indépendance face aux Américains eurent parfois des conséquences explosives. En 1970, un conflit éclata à l'occasion de la projection d'O.K, du réalisateur allemand Michael Verhoeven, qui raconte l'histoire d'une fillette vietnamienne violée et assassinée par des soldats américains. Le directeur du festival Alfred Bauer avait annoncé au jury "un fantastique nouveau film allemand". Mais après la projection, son président, le cinéaste hollywoodien George Stevens, menaça de démissionner si le film n'était pas exclu.
George Stevens qui avait filmé pour l'armée américaine le débarquement en Normandie mais aussi la libération du camp de concentration de Dachau, trouvait éhonté de la part des Allemands d'accuser les GIs de crimes de guerre. Finalement, le jury démissionna sans décerner aucun prix.
En 1979, un scandale encore plus important secoua
La Berlinale permettait aux grandes puissances de marquer des points diplomatiquement sur des événements se déroulant à l'autre bout du monde, explique Peter Cowie. En l'occurrence, les pays du bloc soviétique "devaient trouver un moyen de manifester leur solidarité (envers Hanoï) sans s'engager militairement". Comme bien d'autres avant et après cette date, ils choisirent pour cela


