© Andrea Star Reese. 2008 Urban Cave #15. New York. Lecture sur rails. Chuck, de son nom de rue, vit non loin d'ici
dans un abri sous le tunnel ferroviaire d¿Amtrak. Selon ses souvenirs, il vit dans ce tunnel depuis plus de 9 ans.Plus que jamais, Visa pour l'image veut défendre le travail des journalistes photographes et, alors qu'on est inondé d'images, continuer à les analyser, les hiérarchiser.
Visa propose 27 expositions gratuites, des soirées de projections et une table ronde réunissant photographes, responsables éditoriaux et commerciaux, chercheurs, universitaires.
Perpignan se veut la meilleure vitrine du photojournalisme, à l'heure où la presse a perdu son rôle prépondérant dans la diffusion des images des journalistes photographes. Outre les pouvoirs publics, un autre acteur embauche aujourd'hui des photojournalistes: les grandes ONG. "Nous faisons aujourd'hui ce que nous refusions de faire il y a 15 ans", a confié à l'AFP un photojournaliste britannique qui ne souhaite pas être cité pour ne pas froisser ses nouveaux employeurs.
Le directeur de Visa pour l'image, Jean-François Leroy, entend profiter de la 22e édition du festival pour lancer le débat sur l'excès de retouche des photos qui entraîne "une réalité travestie, transformée, arrangée pour satisfaire on ne sait quel esthétisme". "Certains photographes ne se rendent pas compte qu'ils se tirent une balle dans le pied quand leurs photos sont plus éclatantes que la page de publicité qui côtoie leurs images", déplore-t-il.
Cela ne veut pas dire qu'aucune photo, à Perpignan, n'est retouchée. Mais les travaux de certains photographes ont été écartés.
Parmi les nouveautés cette année, Visa propose Transmission pour l'image, "un lieu d'échanges, de rencontres, mais surtout de passage de témoins". De jeunes journalistes pourront venir échanger et apprendre pendant trois jours avec sept photojournalistes et picture editor confirmés, qui pourront eux-mêmes faire intervenir d’autres invités. Le photojournalisme est aussi "un savoir-faire" et "il est grand temps de faire connaître ce savoir-faire et les valeurs communes qu'il véhicule", selon Jean-François Leroy.
Visa propose 27 expositions, des soirées de projections et une table ronde. "Les échanges s'organiseront autour de photographies 'qui posent problème'", a souligné Jean Lelièvre, organisateur des débats.
Les expositions sont ouvertes gratuitement jusqu'au 12 septembre de 10h à 20h:
Parmi les expositions phares, celle de William Albert Allard (National Geographic), pionnier de la couleur, qui présentera une sélection de ses cinquante années de reportages. Grégoire Korganow a découvert le SMUR 95 (SAMU) en étant victime d'un accident de moto. Il y a consacré ensuite plusieurs journées de reportage.
La religion et la spiritualité sont particulièrement présentes, avec une rétrospective de Kazuoyoshi Nomachi (Studio Equis). Le photographe japonais met depuis toujours le pèlerinage religieux au cœur de son travail. Il a voyagé en Afrique et en Asie, et a pu, en 1994, couvrir le hajj de La Mecque après s’être converti à l’Islam. Visa propose aussi le travail de Gali Tibbon sur
Les travaux de deux photographes de l'Agence-France Presse sont à l'honneur, ceux d'Olivier Laban-Mattéi sur les hommes et femmes luttant pour leur survie dans des pays sinistrés par des guerres, des dictatures ou des catastrophes naturelles et une sélection d'images de Roberto Schmidt.
Stéphanie Sinclair montre, quant à elle, un travail de longue haleine sur la polygamie aux Etats Unis, en particulier dans une secte mormone. Entre autres expositions, on peut voir aussi les reportages de Walter Astrada (Getty Images pour Alexia Foundation) sur les Violence à l’encontre des femmes en Inde, de Stephen Dupont (Contact Press Images) sur la société afghane, de Cédric Gerbehaye (Agence VU pour Géo France) sur le fleuve Congo, deuxième fleuve du monde après l’Amazone, de Guillaume Herbaut (Institute) sur le pillage du site de Tchernobyl, d’Andrea Star Reese sur des hommes et des femmes qui vivent dans des campements de fortune à New York (The Urban Cave).
Comme tous les ans, le festival décernera des prix, dont les Visa d'or news, magazine et presse quotidienne.
La 21e édition de Visa pour l'image en 2008 avait totalisé 190.000 entrées et accueilli près de 3000 professionnels à Perpignan.
Informations sur le site de Visa pour l'image
| Les ONG font travailler les photojournalistes
De plus en plus de photojournalistes se retrouvent contraints aujourd'hui par la crise de la presse de s'en remettre à des organisations humanitaires comme Médecins sans frontières pour co-financer leur travail ou leur assurer un complément de revenus.
Olivier Föllmi, qui expose à Visa "Sagesses de l'humanité", un travail long de sept années, préfère lui "guider les ONG vers de jeunes photographes pour leur offrir une porte d'entrée dans le métier". |
Le festival soutient Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier
Visa pour l 'image, s'est ouvert samedi en marquant le huitième mois de détention pour Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes français enlevés en Afghanistan en décembre et retenus depuis en otages. Lors de l'inauguration, Jean-François Leroy a invité les festivaliers à signer la pétition du comité de soutien aux journalistes de France 3 et à arborer le bracelet de
couleur bleu offert en échange. Romain Tauber, photographe de 23 ans membre du comité de soutien, est venu à Perpignan pour photographier les marques de soutien apportées aux journalistes français et leurs accompagnateurs.
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Frédéric Mitterrand face aux syndicats Le ministre de la Culture et de la Communication a essuyé lundi les critiques des syndicats de journalistes alors qu'il venait exprimer son soutien au festival. |


