Giorgio Morandi, Nature morte, 1941, collection privée (c) ADAGP, Paris 2010

Giorgio Morandi, Nature morte, 1941, collection privée (c) ADAGP, Paris 2010

L'Hôtel des Arts de Toulon expose une quarantaine d'oeuvres de Giorgio Morandi (jusqu'au 26 septembre)

Le peintre italien, qui a peint à l'infini et de façon si personnelle des multitudes de natures mortes magiques n'a pas peint que des bouteilles, boîtes et pots.

Il a aussi peint des paysages et des bouquets de fleurs. L'exposition pose un regard particulier sur ce dernier thème, un aspect de son oeuvre qui a été moins souvent étudié.


Né en 1890 à Bologne, où il a vécu toute sa vie, Giorgio Morandi est resté à l'écart de tous les grands mouvements artistiques du XXe siècle. Il n'est pourtant pas l'ermite qu'on imagine et a suivi de près les débats du monde artistique, flirtant même un temps avec le futurisme, sans jamais y adhérer.

 

Giorgio Morandi, Fleurs, 1943, Collection privée (c) ADAGP, Paris 2010S'il semble imperméable aux influences de son temps, on sait qu'il admirait Giotto, Piero della Francesca, Paolo Ucello, Masaccio. Il a aussi été profondément marqué par Cézanne.

S'il semble avoir mené une vie rangée, il n'a pas vécu à l'écart du monde. Après avoir étudié à l'Académie des Beaux-Arts, il y a enseigné la gravure jusqu'à sa retraite. Et il occupe une part importante dans la vie artistique, participant plusieurs fois à la Biennale de Venise, où il obtient le premier prix en 1948.

Il va aussi à la Biennale de Saõ Paulo, dès sa première édition en 1951 et s'y voit décerner le Premier prix en 1957. La première Documenta de Kassel, en 1955, lui réserve une salle où sont exposées onze natures mortes. La peinture de Giorgio Morandi apparaît même au cinéma, dans La Dolce Vita de Fellini et La Notte d'Antonioni.

Toute sa vie, Morandi a traité trois sujets seulement: les bouquets de fleurs, les paysages et les natures mortes composées de quelques objets récurrents, à l'aide d'une palette souvent limitée à des couleurs naturelles.

Giorgio Morandi, Nature morte avec noix, 1963, Collection privée, Milan (c) ADAGP 2010A partir des années 1950, ses natures mortes sont de plus en plus abstraites. Morandi aimait citer la phrase de Pascal selon laquelle "la géométrie explique presque tout".

Il déréalise les objets en supprimant les étiquettes, en les enduisant de peinture et en laissant la poussière s'y déposer. Ils sont agrégés en des blocs rectangulaires verticaux ou horizontaux, souvent posés presque au bord de la toile, eux-mêmes divisés en pavés de couleur aux tons assourdis dans les gammes des beiges et des ocres, avec un ou deux pans plus lumineux. Le tout sur un fond opaque.

L'historien d'art Itzhak Goldberg parle de "mystère" quand il évoque l'oeuvre de Morandi. "Rarement une oeuvre n'a suscité un tel mutisme admiratif, une telle perplexité", écrit-il. Pour lui, dans cette oeuvre, le réel est "réduit à l'essentiel", et les scénographies du peintre "ne laissent échapper aucun bruit". "Ici, malgré l'importance ces ombres portées (qui disparaissent progressivement), les volumes paraissent sans poids", dit-il encore.

L'Hôtel des Arts de Toulon expose essentiellement des huiles, mais aussi quelques oeuvres graphiques, dessins et gravures occupant une place importante dans l'oeuvre de Giorgio Morandi. Une bonne moitié des oeuvres présentées sont des natures mortes, les fleurs y sont largement représentées et on peut voir aussi à Toulon quelques paysages de l'artiste italien.

Giorgio Morandi, L'abstraction du réelHôtel des Arts, 236 boulevard du Général Leclerc, Toulon, 04-94-91-69-18
Tous les jours sauf lundis et jours fériés, 10h-18h
Entrée libre
jusqu'au 26 septembre 2010

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