Leviathan d'Anish Kapoor au Grand Palais (Monumenta, mai 2011)

Leviathan d'Anish Kapoor au Grand Palais (Monumenta, mai 2011)

Photo Valérie Oddos / FTV

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Anish Kapoor expose au Grand Palais l'oeuvre qu'il a conçue pour la quatrième édition de Monumenta

Il a fallu une semaine pour mettre en place l'immense sculpture rouge où il invite les visiteurs à s'engloutir.

Avec le Leviathan, le sculpteur britannique d'origine indienne fait appel à nos sensations, tout en cherchant à nous faire partager "une expérience philosophique inédite". Dans la grande nef jusqu'au 23 juin 2011.

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Quand on a proposé à Anish Kapoor d’être le quatrième artiste invité pour Monumenta et qu’il a visité la Nef du Grand Palais, il a eu l’air « impressionné », raconte le commissaire de l’exposition, Jean de Loisy. Aujourd’hui, l’artiste dit que cet « espace immense paraît plus grand que l’espace équivalent à l’extérieur ». Il a voulu créer « un seul objet, une seule forme, une seule couleur  » et provoquer un choc « esthétique mais aussi physique ».

Leviathan d'Anish Kapoor au Grand Palais (Monumenta, mai 2011), photo Valérie Oddos / FTVLe travail de Kapoor se caractérise par des formes simples, généralement monochromes. « Les formes et les couleurs très simples ont un impact émotionnel très fort », selon lui. L’œuvre créée pour le Grand Palais est une immense forme constituée de lés de PVC rouges, soudés les uns aux autres, et gonflée comme un ballon de 35 mètres de haut.

Le visiteur entre d’abord à l’intérieur, dans une atmosphère tiède. Il est plongé dans une quasi-obscurité rouge, la seule lumière étant celle qui passe de l’extérieur à travers la membrane de Leviathan. Ce rouge densese retrouve souvent dans l’œuvre de Kapoor, qui a voulu ici « inonder le visiteur avec la couleur ». Ce rouge rappelle pour lui les couleurs de la nuit et « crée des ténèbres beaucoup plus sombres, psychologiquement et physiquement, que le noir ou le bleu ».

On marche donc dans le corps de la « bête » et ont entrevoit, de l’intérieur, trois membres, en face et sur les côtés.

Léviathan, c’est un monstre marin terrifiant de la mythologie du Levant, évoqué dans la Bible. Ici, il flotte dans l’air. Le nom de l’œuvre d’Anish Kapoor renvoie aussi à l’ouvrage de Thomas Hobbes où le Léviathan est une métaphore de l’Etat, opposé à l’état de nature qui implique la guerre permanente. « Cette grande force archaïque est pour moi liée à l’obscur. C’est un monstre encombré par son corps qui garde des régions oubliées de notre conscience », dit l’artiste.

Anish Kapoor au Grand Palais, où il expose Leviathan (Monumenta, 10 mai 2011) - photo Valérie Oddos / FTVAprès s’être plongé dans les entrailles de la bête, le visiteur (un peu oppressé dans cet espace sous air pressurisé ?) est ensuite invité à faire le tour de l’œuvre. Il ressort dans l’espace plus léger de la nef et découvre l’immense forme, de l’extérieur. Les membres entrevus à l’intérieur sont de gigantesques protubérances sphériques à la peau rouge et lisse.

C’est un des propos d’Anish Kapoor, d’envisager avec cette œuvre le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, notamment la différence entre la sensation de l’intérieur et de l’extérieur du corps. Il se dit convaincu que « nous sommes, d’une façon poétique, différents à l’intérieur et à l’extérieur ».

L’artiste espère avoir créé, avec Leviathan, un « objet du XXIe siècle ». Estimant que l’art peut mener à de « nouvelles expériences », il espère que son œuvre est « une nouvelle invention».

Un retour émouvant à Paris pour Anish Kapoor
Né en 1954 à Bombay, Anish Kapoor est installé depuis le début des années 1970 à Londres. Il s’est progressivement imposé comme une des figures majeures de l’art contemporain et remporte un immense succès public. Il a reçu le prestigieux Turner Prize en 1991. Son travail fait l’objet de nombreuses expositions personnelles à travers le monde.

La rétrospective que lui a consacré la Royal Academy de Londres en 2009 a attiré 275.000 visiteurs.

Anish Kapoor a peu exposé à Paris. Pourtant, c’est là qu’avait lieu sa première exposition personnelle, en 1980, à la galerie Patrice Alexandre. « J’ai une histoire particulière avec Paris. Ma toute première exposition, alors que j’étais un tout jeune artiste, a eu lieu ici il y a trente ans. C’est un lieu très particulier pour moi, d’autant plus que, pendant ces trente années, j’ai fait très peu de choses » ici, dit-il.

Anish Kapoor va créer une sculpture de 116 mètres de haut pour les prochains Jeux Olympiques à Londres.

 

Monumenta, quatrième édition
Lancé en 2007 par le ministère de la Culture, "Monumenta" est un événement  ulturel qui propose à un artiste contemporain renommé de créer une oeuvre inédite pour l'espace monumental de la nef du Grand Palais.

Après l'Allemand Anselm Kiefer en 2007, l'Américain Richard Serra en 2008,  le Français Christian Boltanski en 2010, c'est au tour d'Anish Kapoor de se  mesurer au Grand Palais et à son immense verrière.

Une oeuvre dédiée à Ai Weiwei
Anish Kapoor a décidé de dédier son oeuvre à l'artiste chinois Ai Weiwei, détenu au secret en Chine, jugeant "inacceptables" son arrestation et sa disparition. Il ne le connaît pas personnellement mais estime qu’il a un devoir de solidarité avec son collègue chinois.

Anish Kapoor, Monumenta 2011, Nef du Grand Palais, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
Tous les jours sauf le mardi
10h-19h le lundi et le mercredi
10h-minuit du jeudi au dimanche
Tarifs : 5 euros / 2,5 euros
Jusqu’au 23 juin 2011

Le site de Monumenta

France Télévisions organise un quiz pour gagner des places et des catalogues de l'exposition.


 

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