Photo du livre de l'exposition (1999).
AFP/JEAN-PIERRE MULLERAinsi en a décidé le 2 mars la cour d'appel de Bordeaux en annulant l'ordonnance de renvoi visant ses trois organisateurs. Ils devaient comparaître le 19 juin en correctionnelle pour diffusion d'images pornographiques à un mineur.
L'expo avait présenté en 2000 au musée d'Art contemporain de Bordeaux plus de 200 oeuvres autour du thème de l'enfance.
Les organisateurs - Henry-Claude Cousseau, aujourd'hui directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris et les deux commissaires de l'exposition, Stéphanie Trembley et Marie-Laure Besnard-Bernadac - avaient été mis en examen en 2006 après six ans d'instruction. Ils devaient comparaître en correctionnelle le 19 juin pour "diffusion de l'image ou de la représentation d'un mineur présentant un caractère pornographique" mais aussi de "diffusion d'un message violent ou à caractère pornographique ayant été vu ou susceptible d'être vu par un mineur".
A l'origine de l'affaire, l'association de protection de l'enfance La Mouette qui avait déposé plainte quelques jours après la fermeture de l'exposition.
Dans son arrêt, que s'est procuré l'AFP, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux écrit "qu'en l'absence d'une détermination précise des oeuvres présentées, ni de la possibilité d'en apprécier le contenu, l'infraction ne saurait être établie". En effet le magistrat en charge de l'instruction n'avait pu, au cours de son enquête, avoir accès à l'ensemble des oeuvres. L'arrêt précise également "(...) que certaine oeuvres critiquées ont déjà fait l'objet d'exposition ou se trouvent dans des musées réputés, tels que le musée d'Art moderne de New York."
"La justice vient protéger la liberté artistique", a déclaré Me Richard Malka, l'avocat de Henry-Claude Cousseau, l'ex-directeur des musées de Bordeaux, soulignant que l'appel interjeté par M.Cousseau "profite également aux deux autres mises en cause". De son côté l'avocate de La Mouette, Me Christine Maze a déclaré qu'elle étudiait la possibilité d'un pourvoi en cassation. "C'est une véritable censure du devoir de protéger les enfants", a-t-elle ajouté.


