A New York, le centre artistique The Invisible Dog, le 6 octobre 2009.
© AFP/DON EMMERT"Nous avons rencontré Lucien Zayan, qui nous a convaincus qu'un centre artistique pourrait être rentable", raconte Frank di Falco, un des propriétaires du lieu.
Le Français a découvert l'endroit et pense qu'en aménageant et louant des studios d'artistes au 1er étage et les quelque 600 m² du dernier étage en espace ouvert, le lieu peut marcher.
"On a posé une pancarte Marché aux puces sur le trottoir, et on a commencé à vendre tout ce qu'on récupérait, les boucles de ceinture, les moules en latex, les machines à coudre, les pieds de lampes et les meubles industriels", raconte Lucien Zayan, 43 ans, un Marseillais producteur de théâtre et de danse.
En avril, grâce au papier d'un journaliste du New York Times sur Invisible Dog intitulé "Le Chien Invisible recommence à aboyer", le lieu commence à attirer. Invisible Dog était un gadget qui avait fait fureur dans les années 70: à l'époque l'usine fabriquait des laisses rigides qui se terminaient par un collier vide pour promeneurs surréalistes. Quelques centaines de ces fausses laisses subsistent.
Peu avant l'inauguration, près de 2.000 personnes ont fait sensation en feignant de promener leurs chiens, une performance signée par No Longer empty, Invisible Dog et Improv Everywhere, l'organisateur du flash mob Frozen in Grand Central, où des dizaines de personnes s'étaient immobilisées dans la gare.
Manon Slone, ancienne commissaire au Guggenheim et au Chelsea Museum, cofondatrice de No longer empty, "une entreprise qui apporte l'art dans les espaces vides et stimule le commerce local", a choisi une dizaine d'artistes, dont le célèbre duo d'origine cubaine Guerra de la Paz (Alain Guerra et Neraldo de la Paz), pour l'exposition du rez-de-chaussée, ouverte jusqu'à fin octobre.
Après avoir goûté à un voyage dans L'Enfer de Dante dans le monte-charge, une installation d'un Italien, Giuseppe Stampone, les visiteurs peuvent explorer le second étage, transformé en studios tous déjà loués à une dizaine de photographes, peintres, illustrateurs, graphistes, de toutes nationalités.
Et derrière un écriteau qui annonce "pas d'argent, pas de problème", le troisième étage accueille provisoirement Recession Art, une organisation créée par deux soeurs, Emma et Ani Katz. On y trouve des oeuvres sélectionnées par un jury professionnel, dont aucune ne coûte plus de 500 dollars, crise oblige. Crise ou pas, elles sont parties comme des petits pains.
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