L'affiche du festival de photojournaliste Visa pour l'image, à Perpignan (archives, septembre 2008)
AFP / Raymond Roig"Le problème, c'est la perte de valeur des photographes", notamment dû "au passage il y a une douzaine d'années au tout numérique", indique le président de l'Union des photographes créateurs (UPC), Frédéric Buxin.
Le ministère de la Culture a diligenté une mission sur les actions à entreprendre en faveur du photojournalisme.
Pour leur part, l'Union des photographes créateurs (UPC), Freelens, et la Société des auteurs de l'art visuel et de l'image fixe (SAIF) ont lancé une pétition signée par 13.000 personnes pour "sauver la photographie " et demandé la tenue d'états généraux de la photographie .
Cette pétition a été déposée au ministère de la Culture et de la Communication. Au même moment, le tribunal de commerce de Paris donnait un sursis de quelques semaines à Eyedea (agences Gamma, Rapho, Jacana, Keystone...) qui est en cessation de paiement depuis une semaine, pour trouver un repreneur.
Le pétition, intitulée "Sauvons la photographie" dénonce notamment "les utilisations massives de photos dites "libres de droit, les photographies à un euro, les photographies signées 'DR' (Droits réservés), la baisse des tarifs, la remise en cause par les juges de la qualité originale des photographies, la banalisation de la photographie comme un bien de consommation"...
Les pétitionnaires stigmatisent les "pratiques abusives qui
génèrent une crise économique sans précédent qui met en péril les auteurs photographes et les agences photographiques qui diffusent leurs images", selon le le texte.
Légiférer pour assurer la survie du métier
Alors "que la loi, a priori, interdit la vente à vil prix", il est donc nécessaire de légiférer pour pouvoir donner de la valeur à ce qu'il appelle aujourd'hui les oeuvres orphelines", c'est-à-dire libres de droit", dit M.Buxin.
Délaissées par la presse écrite qui recourt sans vergogne aux sites web de photos à bas prix, voire aux images libres de droit, nombre d'agences photos, victimes de conflits sociaux à répétition n'en finissent pas d'être rachetées ou revendues, et sont en péril.
Reçu avec d'autres représentants de la photographie au ministère, M.Buxin a affirmé: "les pouvoirs publics n'ont aucune donnée réelle sur le monde de la photographie".
L'entourage du ministre a rétorqué que la connaissance "des difficultés des photographes" existe bien "et leurs sujets de préoccupation seront traités dans le cadre d'une mission de
l'Inspection générale des affaires culturelles".
La mission qui a pour but de permettre la pérennité du métier de photojounaliste, a été confiée à deux inspecteurs généraux, Michel Balluteau et Marie Bertin.
La France compte actuellement 1.2000 photographes de presse et 3.300 photographe-auteurs.
Face à la crise, seules les grandes agences "filaires", comme l'AFP, Reuters ou Associated Press, qui ont pu investir massivement dans les technologies numériques, ont tiré leur épingle du jeu.
Depuis longtemps capitale mondiale du photojournalisme, Paris risque désormais de perdre quelques-uns de ses fleurons, si de prestigieuses agences comme Rapho ou Gamma viennent à disparaître.


